Je change. Ou plutôt j'essaye. Il m'en aura fallu du temps pour comprendre. Et puis surtout pour admettre qu'il fallait que je m'interoge.
On nous parle des bonnes résolution de la nouvelle année, on les liste, on en parle, les afirme. Et puis quand vient la fameuse nouvelle année, on les oulbie. Pour les remetre sur le tapis douze mois plus tard. Mais ca c'est pas vraiment une résolution de la nouvelle année, plutôt un genre de résolution qui commence dès maintenant mais qui mettra du temps à se mettre en place. Oui, parce que au final, ca en fait pas mal de choses à changer.
o Devenir hypocrite, arreter de dire ce que je pense en permance. Réfléchir avant de parler.
Moi qui ais l'hypocrisie en horreur, moi qui dénonce les menteurs, moi qui linche ceux qui cachent ce qu'ils pensent, moi que les laches répugnent, vais devoir en devenir un. Un de ces cracheurs de l'ombre plutôt que d'afirmer en pleine lumière et en personne le fond de ma pensée. Je vais devoir apprendre à ne plus dire quand un geste ou une parole me paraît parfaitement absurde ou qu'une parole me paraît completement immature, ou qu'une attitude me dégoute.
Ca veux dire aussi que je stope cette habitude de l'honeteté entière. Que j'arrete de me confier entièrement et d'expliquer en détail chacun des sentiments qui m'a habité concernant un sujet en particulier. C'est, je crois, ce qui sera le plus dur. Ne pas chercher à comprendre les faits dans leur entière entité, ca va me manquer...Mais je vois bien que j'embête avec mes questions et que je gène avec mes aveux...
o Accepter les critiques, ne plus répondre en montrant les crocs, ne pas renvoyer en pleine face les 3 premiers defauts qui me sautent aux yeux. A force qu'on me le dise, je finis par accepter l'idée que j'ai un problème avec le fait de "me remetre en question". Mais mon dieu que c'est dur. C'est terrible de ne rien dire quand on vous reproche quelque chose que l'on n'applique même pas sois-même! On se permet des remarques mais ne s'occupe même pas de ses propres tarres... Il faut que j'aprennes à comprendre immédiatement que c'est pour mon bien, que la critique n'est pas toujours mesquine, mais qu'elle part parfois d'une bonne intention. Parce que le fait que la critique est parfois constructive, je m'en rend compte (la preuve, ces résolutions à la noix), mais...plus tard, quand j'ai bien rabaissé celui qui à OSE.
o Me calmer, stopper mon activité dérangée, arreter l'hyperactivité. En gros, faire tapisserie, me taire, et surtout ne pas sortir du lot de la moutonerie collective. Non, quand même pas, mais je fais peur à force de mes débordements, on finit par se demander quelle est la folle qui vit en face de soi. Pas completement, réserver ce côté particulier à ceux qui savent l'apprécier, et qui font catalyseur de ma folie furieuse. Mais arreter de foncer tête baissée dans le gras du mou et puis réfléchir ensuite aux conséquences.
o Apprendre a avoir tord. Ne plus chercher (et trouver) en permanence une faille dans le raisonement d'en face. Ca fait plaisir d'avoir raison, alors autant leur laisser ce droit. Mais je ne fais pas attention. Je parle et répond de façon naturelle. Pour moi, une simple discution ne deviens pas un débat enflamé, je défend simplement mon point de vue, sans pour autant rejeter celui de l'autre, mais tout en examinant, à travers la discution, chacun des points possiblement faillibles. J'ai l'impression d'être juste en afirmant ce qui me vient à l'esprit, et en montrant à l'autre qu'il à tord, mais au final, ca ne m'atire que des innimités. Je n'aurais pas la prétention de me faire le "taon" des être à qui je m'adresse, mais les innimités qui m'accusent sont tout de même bien semblables à celles qui l'accusèrent.
Ce qui m'agace, c'est quand même qu'on prend tout au sérieux. Je ne vais pas accepter la défaite, mais par simple jeu. J'aime qu'on me réssiste, j'aime les batailles verbales et les victoires durement acquises. Quel interêt à l'emporter si c'est évident? Un grand homme disait "à vaincre sans péril on triomphe sans gloire", et bien c'est à lui que je dois ce goût pour le débat. J'applique mon jeu aux autres, je ne devrais pas. Nous ne sommes pas tous adeptes du petit coup d'adrénaline. Je n'ais, au final, rencontré qu'un seul être qui soit comme moi, et il a le don de m'agacer au plus haut point, mon cousin complétement déjanté et carément en décalage avec notre société. Nous nous disputons la raison sur tout, et jamais l'un n'accorde à l'autre qu'il reconait sa défaite. C'est explosif, ardent, ereintant, epuisant, mais tellement beau. J'ai reconnu une fois qu'il avait raison, et que je me plantais sur toute la ligne. Je l'ai fais de bon coeur, le sourire aux levres, car nous nous etions compris, il jouait mon jeu, il savait que j'avait besoin de chercher ses plus grandes failles pour enfin reconnaitre qu'il n'y en avait pas. Le débat avait duré deux jours, et pendant ces deux jours nous démontions les uns apres les autres les arguments de plus en plus solides de l'autre. Et vous savez de quoi nous débations? Le lichi ou la mangue, quel est le meilleur?
Je vous énerve car je vous combat en permanence et n'accepte que mon point de vue? Mais vous ne comprenez pas, vous ne pouvez pas comprendre. C'est un moyen de vous dire que vous avez raison, je ne vous répondrais pas si cela n'en valait pas la peine. Je répond sur tout, même sur ce qui n'en vaut pas la peine? Mais c'est justement sur ces sujets que le jeu en est vraiment un. Je ne fais que jouer, mais vous le prenez de facon si sérieuse...Et en ce qui concerne les sujets un tant soit peu importants, si on ne s'interoge pas sur les moindres failles et détails d'une opinion, comment savoir si elle est réelement juste?
Mais enfin, j'arrete de débatre, je me réserve pour ceux qui aiment avoir tord. Je respecterais votre égo plutôt que votre droit à être sûrs d'être dans le bon chemin. Vous avez raison, vous avez toujours raison ne vous en faites pas.
o Trouver, et abolir ce (satané de saleté de bordel de) truc qui fait que je paraît hautaine. A force qu'on me le dise, j'ai compris qu'il y avait un problème dans mon ton et mes expressions. Tout cela est involontaire, j'ai au contraire un grand goût de découverte des autres et un sentiment incroyablement fort que j'ai besoin d'autrui.
Mais parfois, voir souvent, j'ai un mot, un haussement de sourcil, un regard qui fait qu'on me prend pour ce que je ne suis pas. C'est de ma faute, mais je ne vois pas ce qui cloche. J'ai l'impression d'être ouverte, mais aparement, je me plante royalement. Il faut que je trouve ce qui dérange, vraiment, c'est primordial. Quand je l'aurais trouvé, il sera facile de l'effacer, parce que honetement, je n'en veux pas le moins du monde. Ca me pouri la vie à vrai dire.
C'est dur, long, fastidieux, erreintant, frustrant, désesperant. Je vais devoir renier tout ce qui fesait ce que j'étais. J'ose tout ce qui me vient à l'esprit. Je ne renonce jamais, je brûle d'énergie, je ne me laisse jamais marcher dessus, j'afirme mon droit à être. Je suis honnete, franche et j'exige de même pour les autres. J'aime jouer et qu'on me réponde. Je garde toujours en réserve une atitude bien plus douce. Je m'atache trop vite, je vis de ceux que j'aime. Comment la recherche de convenir aux critères normaux va-t'elle me changer? A quel point va-t'elle modifier ce que je suis? Je n'en sais rien, mais c'est une chose nécéssaire si je veux arriver à rentrer dans le moule et les petites cases de la comunauté.